Jean mon père

Rue du Bois Jacques la porte s’est fermée
et me voici debout devant la nuit
dans cette maison pleine de photographies
Aujourd’hui s’est terminée l’histoire de ta vie
Jean mon père tu es là le froid sur tes épaules
et moi je m’interroge sur la vie imparfaite
Les souvenirs me serrent les poignets
comme des liens qui brûleraient ma chair
Contre le mur je vois l’image ancienne
je vois l’exact géomètre qui opère
Ah ! certes Jean mon père
que vas-tu donc trouver sur ces nouveaux chantiers
où tu arriveras ce soir ?
Il pleut. Il pleut sur le cimetière
dans ce pays de vieux platanes malades de la peau
Ecoute
on frappe du marteau dans les fortes usines
Jean mon père
une fleur te salue sur le bord du talus.