Poème de l’arbre mutilé

De l’arbre que je suis,
coupez les branches si vous voulez
mais ne touchez jamais à ses racines.
Laissez-moi regarder la vie
et laissez moi ce douloureux manteau de souvenir
que j’ai gardé du monde que j’aimais.

Ne me demandez pas de l’aimer.
Ne touchez pas ce que je suis.
Devant la porte,
comme cet arbre mutilé,
je suis ce mendiant de l’amour
qu’on ne peut pas chasser.