Ruisseaux

Ruisseaux forêts campagnes
Plaines océans montagnes
Maisons des hommes
Champs clos des bêtes
Sombres rumeurs des villes frémissantes
Villages solitaires bruissants sous la chaleur
C’est ici que j’habite

Ville
J’habite tes fumées épaisses vers le Nord
Et les trains de charbon sifflent dans ma mémoire
J’habite dans les brumes l’immense plaine betteravière
Tes murs tes beffrois tes remparts
Et tes fortes usines avec leurs luttes ouvrières

J’habite les orages et les nuages en voyage
J’habite les coteaux au bout de l’horizon
J’habite les racines et la cime des arbres
J’habite avec les rats les scorpions les vipères
Tous les ronciers les chardons les épines
Car rien n’est à soustraire
Des biens de cette Terre

A travers les fourrés
J’habite la saison des mûres en automne
J’habite avec la pluie et tous les vents nomades
Et quand les champs de blé parlent du pain futur
Touché par la lumière ou marqué de ton signe
O Terre
J’habite la totalité du monde