Ceci n’est pas un long poème

 

« O Terre, ma mère, ordonne ma vie »
Atharna Veda

Ceci n’est pas un long poème, c’est l’attachement d’un homme à un domaine sacré.

«Tout est poussière et tout retournera à la poussière»

Je le crois. Mais cette poussière agglomérée engendre, nourrit, inquiète, abrite, mystifie, engloutit notre vie. Elle nous a marqués de son signe.

La terre, depuis des siècles, a fait l’objet de la vénération de l’homme. Conscient de cette identité, mais aveuglé par son orgueil, l’homme l’a adorée avant d’en abuser et de la profaner.

Sauver la terre, faire reculer la mort, est-ce une tâche de poète ?

Mais le royaume demeure dans sa fragilité. Il nous brûle de son feu, nous gouverne quand la vérité même nous paraît étrangère. Toute parole est dérisoire sans cette palpitation intérieure. Elle n’est pas lisible. Elle n’est rien.

Guidé par mon instinct plus que par mon esprit, j’ai essayé d’entendre quelque chose. Le bruit des feuilles, du vent, du sang ou de la mer m’a tout appris. Je n’ai rien fait d’autre qu’écouter battre ce cœur immense, inmaîtrisable.

Au passage j’ai sauté dans ce train en marche sans trop savoir où il allait, peut-être un peu plus loin… vers une de ces petites gares de clarté qu’on aperçoit seulement en rêve.